lundi 27 avril 2015

Mes deux livres de chevet du mois d'avril..

Ah ce mois  d'avril qui s’effiloche entre grand soleil et pluies torrentielles cévenoles...
Alors si je ne ris pas tant que ça les jours de pluie, je lis..Au réveil l'esprit frais et partante pour une journée active.
Je vous propose et je partage ces deux ouvrages dont l'un m' a plus emballé que l'autre question de goût.






" Depuis que sa femme est morte et qu'un accident de la route l'a contraint à l'immobilité, l'ancien critique littéraire August Brill vit avec sa fille Miriam et sa petite-fille Katya dans une maison où règnent tristesse et deuil.
Miriam ne se remet pas d'un divorce vieux de 5 ans, Katya se sent responsable de la mort en Irak de son ex-fiancé, tandis que le vieil homme tente de pallier ses insomnies et les douleurs du souvenir en s'inventant des histoires.
C'est ainsi qu'une nuit il crée Owen Brick, personnage projeté dans un monde parallèle...

Fidèle à son habitude, Paul Auster balade son lecteur au gré de ses envies, de ses désirs, de ses caprices.
Qu'il nous entraîne dans une fiction créée de toute pièce par son personnage, qu'il nous abreuve de théories sur le cinéma ou bien qu'il nous raconte la biographie d'une poétesse méconnue, le lecteur est immanquablement conquis, laissant réflexions, digressions, mises en abyme ou souvenirs s'interpénétrer et cédant au charme d'une longue nuit au terme de laquelle "ce monde étrange continue de tourner".





L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage.



Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d'université jusqu'au mois de janvier de l'année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort. À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L'un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu ; Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur. Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés. Un jour, ils lui ont signifié qu'ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n'en a pas cherché. Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n'aurait pas encore compris qu'il était mort. Il est devenu architecte, il dessine des gares. Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l'intrigue mais elle le sent hors d'atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible. Vivre sans amour n'est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle. Après la trilogie 1Q84, une œuvre nostalgique et grave qui fait écho aux premiers titres du maître, La Ballade de l'impossible notamment.
 Un roman d'une finesse remarquable porté par un style limpide servant une histoire qui, comme à chaque fois chez cet auteur, permettra aux lecteurs de comprendre que leur attachement aux personnages est lié en ce qu'ils nous ressemblent. Les doutes, les hésitations, la conscience de chercher à vouloir être soi avant de vouloir être ce que l'on voudrait que l'on soit, jalonnent ce roman d'une humilité salvatrice.
Un roman à réflexions sur l'importance de ce qui paraît et qui n'est finalement pas, sur l'amitié, la séparation, la mort et ses conséquences sur ce que l'on considérera comme essentiel à surmonter, dépasser et accepter.
Roman de la transcendance, d'une structure là encore (et toujours) remarquable qui donnera aux lecteurs toutes les clés pour qu'il puisse en déterminer sa fin. J'aime ces romans qui ne livrent pas tout. J'aime ces romans qui délivrent et font participer les lecteurs.