mercredi 24 avril 2013

Exposition des oeuvres de Patrice Gourret et écrits des participants à l'atelier d'écriture..

Patrice Gourret a fait ce  lien entre le raku et le bois flotté sans doute par hasard. Comme il l'exprime lui-même. «  Ce hasard qui fait dériver vers vous un bois si particulier et ce même hasard qui donne naissance à une pièce à l'émail unique. Mais est-ce vraiment du hasard ? La volonté d'aller cueillir ce bois ou de provoquer cet émail fissuré transforme l'aléatoire en  volontaire. Faire se rencontrer ces deux techniques est un acte voulu . »

Nous avons dérivé sur les berges de l'imaginaire grâce aux sculptures de Patrice Gourret , retranscris avec des mots notre ressenti .Tous les participants ont réagit à l'invitation d'écrire, en s’imprégnant de l'exposition du sculpteur .Peu m'ont fait parvenir leurs écrits.Je vous en propose deux  et quelques photos glanées en déambulant dans les locaux de la galerie " la Retoucheuse" à Saint Ambroix ( Gard)





INSPIRATION SUR ŒUVRE N°21 de PATRICE GOURRET  (Brigitte Martinez )
(Boules vertes en céramique transpercée par deux bois flottés)
Bing, bang, dans un monde infini, il y a des milliers d’années lumière….
Bing…. Bang…. Boum…., des gaz, du feu, des boules incandescentes, des billes multicolores qui partent dans tous les sens. De l’énergie dont on ne sait d’où elle vient.
Et le temps passa, passa………………
Notre galaxie est emplie de planètes, de comètes, d’objets multiformes et parmi eux la planète verte à quatre bras. Ces bras sont des rampes de lancement d’où sont catapultées des billes de matières qui vont à leur tour s’entrechoquer entre elles, télescoper les étoiles et engendrer de nouveaux mondes extraordinaires. Il semble que cette planète soit le foyer originel d’un monde futur à inventer. En son cœur, sous son couvercle, de la matière en fusion s’apprête à jaillir et créer de nouvelles vies.


Rosa


Œuvre  exposée dans la galerie : Un trois-mâts : raku + bois flotté + cuivre
VOYAGE ÉCLAIR A UN SIMPLE VERNISSAGE
Ce trois-mâts, n’est pas prêts de rompre les amarres…
L’équipage est absent. Point de voiles qui claquent au vent. Point d’abysses obscures sous la coque. Bateau figé, sur une mer de bois gris. Point d’aubes exaltées : la lumière qui s’élève dans son ciel horizontal, limite supérieure d’un plafond de plâtre, c’est l’éclairage des cimaises…
Rivé à son socle, ordonné de cuivre, de raku et de bois flotté sur un support inerte… mais où l’on pressent toutes les tempêtes, toutes les houles d’un bateau ivre. Oui, ce bateau là est une invite… conducteur éclairé d’un rêve possible.
Richesse d’une rencontre à quatre : l’œuvre, le créateur, Rimbaud et moi. Tout s’assemble et se répond… Embarquer… Larguer les amarres… S’aventurer… puis, tout à coup, ressurgir, accepter le verre tendu par l’hôtesse puis renouer avec le réel : un simple vernissage… voyage éclair.. ;


ROSA    (inspirés de l'exposition)
 Exercice 12 mots à intégrer dans un texte dans l’ordre d’apparition : éclat – plénitude – nouveau monde – pelous – galaxie – terre sauvage – écorché – Sisyphe – écorce – lumière – bateau - humiliation
Louis et Clarisse étaient à deux doigts d’en venir aux mains. Ce gentil couple, dans l’éclat de sa jeunesse, bâtait de l’aile. Jamais, pensaient-ils, ils atteindraient la plénitude : ce n’étaient que scènes de ménage quotidiennes, empoignades, accrochages, chamaillerie de toutes sortes. Plus envie de partager. Plus question de traverser l’océan. Finie l’idée d’un départ vers le Nouveau-Monde. Louis, fort chagrin, trouva du réconfort dans les balades qu’il s’accordait en solitaires, parmi les châtaigniers de son domaine chaque soir. Cela le rassurait de sentir sous ses pieds, les « « pelous » qui  craquaient. A la nuit tombée, il se prenait à imaginer une autre vie, dans une autre galaxie, ou tout serait « calme, luxe et volupté », comme une … terre sauvage à découvrir. Mais écorché vif et comme un Sisyphe… raté, puisqu’il était libre d’abandonner le fardeau de leur désaccord, par évidence il avisa un arbre et des forces nouvelles revinrent en lui quand il se surprit à l’enlacer, à se frotter à l’écorce de son tronc. Alors une lumière se fit en lui : certitude, vérité. Oui… oui ils traverseraient l’océan tous les deux, et le bateau qui les mènera vers le Nouveau-Monde les lavera de toute humiliation