mercredi 12 mars 2014

Papuska poétesse Rom

Bronislawa Wajs



             Durant sa vie, la poétesse rom appelée Papusza (poupée en langue rom), publia plus de 30 recueils qui sont parus, par exemple, chez Julian Tuwim ou Jerzy Ficowsky. Pendant la guerre, sa poésie était un puits inépuisable de la morale rom, du courage et, aussi, de l'espoir en un avenir meilleur. C'est pourquoi elle demeure encore aujourd'hui populaire parmi les Roms européens.
     Née en 1910 dans une famille de nomades harpistes, Bronislawa Wajs, dite "Papusza", apprit à lire et écrire en cachette lors des haltes hivernales, puis, après avoir commencé à chanter très tôt, composa des ballades en puisant dans la grande tradition tzigane du récit improvisé. Elle fut aimée et célébrée pour son talent, jusqu’au jour où ses poèmes furent publiés dans une revue par un poète polonais. Papusza avait abandonné la vie nomade bien avant la mise en application d’un programme de sédentarisation des Tziganes imposée par le gouvernement dans les années cinquante. Or, on se servit malgré elle de la publication de ses poèmes pour en faire un exemple d’assimilation réussie, justifiant le bien fondé de ce programme appelé "La Grande Halte". La loi tzigane fut inflexible : rien de la culture rom ne devait être figée sur du papier. Papusza fut jugée pour avoir bravé l’interdit en écrivant ses poèmes et pour avoir trahi son peuple en collaborant avec des "Gadjé". Elle fut exclue, bannie à vie, elle mourut trente ans plus tard dans l’oubli total ; « Évitée par les membres de sa propre génération, elle fut inconnue de la suivante ».