dimanche 8 avril 2018

Se souvenir des belles choses.




                                       Photo Roselyne Cusset         


Je me souviens de l’odeur des noisettes à l’herbe mêlée, lorsque je passais mes vacances chez mes grands-parents. Je me rappelle le goût de la limonade, lors des jours de marché lorsque j’accompagnais mon père qui était si fier de moi. A l’évocation de ces souvenirs, l’émotion m’envahit, mes yeux s’embuent et je me souviens de mes chers disparus. Nous sommes nombreux à y penser et j’aimerais tellement laisser de beaux souvenirs.

Se souvenir des belles choses comme un jardin secret dont nous aurions  seul  le plan et la clef. Aujourd’hui  dans ces temps si troublés si noirs sans espoirs, qu’allons nous laisser à nos enfants, nos petits enfants ? Ce n’est pas  qu’une révolution qui s’installe aux portes de nos consciences, ça craque mais insensiblement nous revenons toujours aux mêmes habitudes. Non ce qui arrive là est une véritable crise de civilisation. Nous sommes otages du consumérisme sous la bannière « j’achète donc je suis  » et si nous n’avons  pas d’argent nous réagissons  comment ? Alors nous envions notre  prochain  jusqu’à la nausée, et nous  sombrons  dans des dérives mercantiles pour nous payer la dernière innovation .

 Les paramètres ne sont plus  les mêmes, internet est arrivé, le monde numérique a changé notre quotidien. A table les enfants   s’hypnotisent en regardant l’écran  de ces satanés téléphones portables, sorte de prolongement d’eux-mêmes, qu’ils scrutent à longueur de temps, oubliant que   nous sommes là. Les adolescents et   les jeunes adultes  sont enfermés dans une matrice générationnelle. Le monde ne s’arrête pas là ou la réalité tangible finit, car une autre dimension est entrée dans notre quotidien. Sur les réseaux sociaux l’information fuse, se diffuse et envahit nos écrans et notre boite crânienne, «  trop d’information tue l’information. » La surenchère nous tient en haleine, nous consume, nous aliène. Des hordes armées sans visages appellent de jeunes perdus à se battre contre les mécréants, et ils s’en vont le sourire aux lèvres plein d’innocence. Pourquoi, parce qu’ils n’ont plus d’idéaux, plus de cohésion familiale et sociale car à la tête des gouvernements règnent des Pinocchios.A qui faire confiance ? Un état c’est un ensemble de personnes qui vivent dans le même pays , une famille c’est une union , une filiation ,un cœur .Si tout le monde démissionne et laisse l’enfant en proie à ses interrogations comment pourra- t-il être un adulte responsable . Tout petit déjà la nounou s’appelle télévision, plus tard  ordinateur , certains parents laissaient des écouteurs à des enfants de 2 ans pour qu’ils s’endorment  avec de la musique et parfois ils restent la nuit entière ainsi ,créant des lésions irréversibles pour leurs oreilles.

On ne parle que de guerres, de planète qui meurt, que les lendemains ne vont jamais chanter  . Tout cela est vrai c'est primordial de réagir  ; à notre niveau jour après jour, créons de belles choses, des petits moments de bonheur autour d’un repas familial toutes générations confondues, n’oublions pas nos anciens, ils sont notre mémoire ! Madame l’éducation, devrait être aidée ,  ne la laissons pas aux seules mains de nos institutions , nous sommes nous aussi responsables. Élever un enfant c’est la base fondamentale, c’est lui permettre de s’épanouir  être vigilant, l’écouter, le comprendre, lui donner le sens du discernement. L’élever c’est le tirer vers le haut pour qu’il garde une stature droite et noble. Créons ensemble de beaux souvenirs  pour les générations futures.